Cancer de l'estomac

L’estomac est un organe du tube digestif, qui fait suite à l’oesophage et précède le duodénum (première partie de l’intestin). Il participe à la digestion des aliments.

 

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L'estomac est divisé en trois segments :
• Le fundus, partie supérieure
• Le corps de l'estomac, zone de réception des aliments
• L'antre, partie inférieure où le bol alimentaire est brassé.

On estime à près de 6 500 le nombre de nouveaux cas de cancer de l’estomac en France en 2012. Près des 2/3 concernent des hommes, le plus souvent âgés de plus de 65 ans.

 > CANCER DE L'ESTOMAC : FACTEURS DE RISQUES                             

Facteurs de risque « internes » :

Ils sont liés à l’âge ou à l’histoire familiale. Certains syndromes génétiques sont décrits, mais ils ne sont pas tous connus aujourd’hui. Certaines mutations familiales prédisposent également au risque de cancer : chez ces personnes il est nécessaire de réaliser des gastroscopies régulières.
De façon générale si le diagnostic est posé à moins de 40 ans ou en cas d’antécédents familiaux de cancers digestifs ou gynécologiques, une consultation d’oncogénétique est généralement proposée afin de rechercher d’éventuels risques familiaux.

 

Facteurs de risque « externes » liés au mode de vie et à l’environnement

Le cancer est une maladie souvent dues à plusieurs facteurs, et certains facteurs dits « externes » ont été décrits dans le cancer de l’estomac. En voici quelques exemples :
- le tabagisme,
- une alimentation riche en produits salés et fumés et pauvre en légumes et fruits frais
-  La présence d’une bactérie appelée Helicobacter pylori : celle-ci est responsable d'au moins 80 % des cancers de l'estomac, mais moins de 1 % des personnes infectées par la bactérie développeront un cancer gastrique. Cette bactérie entraine une inflammation chronique (gastrite) qui favorise la formation du cancer.
La présence d’Helicobacter pylori est recherchée systématiquement dans le prélèvement tumoral et des consignes concernant son éradication pour vous et votre famille seront émises lors de l’élaboration du projet thérapeutique.

Des informations spécifiques concernant l’infection à Helicobacter pylori sont disponibles à l’adresse suivante : http://www.helicobacter.fr/

 > DIAGNOSTIC : CANCER DE L'ESTOMAC                                               

Lorsqu’une personne présente des symptômes ou qu’une anomalie est décelée par une endoscopie de dépistage, plusieurs examens sont réalisés en vue d’établir un diagnostic. Toute suspicion de diagnostic de cancer justifie un avis spécialisé rapide.

Les signes cliniques : ils ne sont pas spécifiques du cancer, mais sont parfois présents.
- Fatigue et/ou perte de poids
- Troubles du transit, et/ou vomissements, et/ou douleurs abdominales
- Sang dans les selles, et/ou vomissements hémorragiques, et/ anémie
- Difficulté à avaler les aliments solides ou liquides
- etc

Les examens complémentaires :
Le bilan diagnostique comprend généralement
- une consultation médicale et un examen clinique complet
- une gastroscopie
- un scanner thoraco abdomino pelvien et le dosage de marqueurs tumoraux dans le sang

Selon les situations, d’autres examens peuvent être prescrits : prise de sang, écho-endoscopie, échographie, PET-scanner, bilan cardiaque, ORL, bronchique, etc. Mais tous les examens ne sont pas systématiquement nécessaires pour tous les patients. Ils seront demandés afin d’évaluer l’extension de la maladie, d’éliminer une autre tumeur, et de préparer aux traitements.

Un bilan nutritionnel est souvent réalisé. Vous devez signaler toute perte de poids afin que des mesures nutritionnelles adaptées puissent vous être proposées. Leur instauration précoce favorisera la bonne tolérance et l’efficacité des traitements ultérieurs.
Le diagnostic final du cancer repose sur l’examen au microscope d’un fragment tumoral  disponible. Il s’agit d’un examen anatomopathologique. Il pourra s’agir d’un petit morceau (biopsie) souvent réalisé au moment de l’endoscopie digestive, ou d’un morceau issu de la tumeur complète retirée lors de la chirurgie.
Plusieurs types de cancers existent, définies par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). L’adénocarcinome est de loin le plus fréquent.
D'autres cancers de l’estomac existent, plus rares, et traités différemment: les tumeurs neuro-endocrines, les tumeurs stromales gastro-intestinale (GIST), les lymphomes, etc...

 > CANCER DE L'ESTOMAC : TRAITEMENTS                                            

CHIRURGIE

Le traitement classique du cancer de l’estomac comprend une chirurgie lorsque la maladie est localisée et que l’état général permet un geste opératoire.

Lorsque qu’il n’y a pas d’autres localisations tumorales (ganglions à distance ou métastases), il existe deux situations en fonction de la présentation radiologique de la tumeur et de son type anatomopathologique :
- la chirurgie peut être précédée d’un traitement par chimiothérapie, associée dans certains cas à une radiothérapie
- la chirurgie peut être réalisée sans traitement préalable

La chirurgie consiste à retirer la tumeur avec une certaine quantité de tissus sain qui l’entoure (appelée marges de résection), et avec des ganglions régionaux. Selon la localisation de la tumeur, l’intervention enlèvera tout ou une partie de l’estomac (gastrectomie totale ou partielle). Une chirurgie de reconstruction est pratiquée dans le même temps pour rétablir la continuité du tube digestif.

Dans de rares cas si la maladie est localisée, de très petite taille et qu’elle est découverte très précocement, une résection par voie endoscopique est discutée, et le traitement est alors réalisé par le gastro-entérologue, sans opérer.

Après la résection de la tumeur, même si la maladie était localisée, peut se discuter un traitement de chimiothérapie après chirurgie, appelé chimiothérapie adjuvante, dont l’objectif est de réduire le risque de récidive en traitant d’éventuelles micro-métastases.

CHIMIOTHÉRAPIE ET THÉRAPIES CIBLÉES

Plusieurs traitements médicaux existent, comprenant des chimiothérapies ou des thérapies dites « ciblées », par perfusions intraveineuses ou prise orale. En cas de perfusions intraveineuses, un dispositif de chambre implantable (CIP) est généralement mis en place.

Les chimiothérapies sont des médicaments anticancéreux qui agissent dans l’ensemble du corps sur toutes les cellules cancéreuses, y compris celles qui ne sont pas repérables par les examens. Des thérapies ciblées peuvent y être associées, ciblant l’angiogenèse tumorale (formation de nouveaux vaisseaux par la tumeur) ou des voies de signalisation tumorales connues pour entrainer la prolifération et la survie des cellules tumorales.
Le choix des traitements est adapté à chaque situation est discutée systématiquement aux Réunions Concertations Pluridisciplinaires (RCP). Il s’agit d’un traitement personnalisé.

Dans quels cas un traitement médical est-il indiqué ?
Les chimiothérapies, ou les thérapies ciblées, ne sont pas systématiquement réalisées lorsque l’on présente un cancer de l’estomac. L’indication est retenue en fonction de l’évolution du cancer (de son stade), de ses caractéristiques biologiques, et de certains facteurs de risque de récidive.
Traitement médical au stade localisé

Une chimiothérapie peut parfois être nécessaire avant ou après la chirurgie d’un cancer de l’estomac, on parle alors de chimiothérapie néoadjuvante ou adjuvante. Ce traitement est retenu en fonction de paramètres spécifiques de la tumeur : cliniques, biologiques, moléculaires, ou anatomopathologiques, et son objectif est de diminuer le risque de récidive de la maladie.

Cette chimiothérapie adjuvante associe généralement plusieurs molécules, et se réalise en intra veineux sur le dispositif de chambre implantable, toutes les deux ou trois semaines pendant six mois. Dans certains cas plus rares, une chimiothérapie orale est discutée avec le patient.

Traitement médical au stade non localisé
Lorsque le cancer présente des métastases ou qu’il ne peut pas être opéré, le traitement peut être médical, associant de la chimiothérapie et/ou des thérapies ciblées.
Le rythme du traitement varie en fonction du schéma choisi, généralement toutes les deux à trois semaines, et il se réalise après consultation auprès de l’oncologue, en hôpital de jour, ou en hospitalisation lorsqu’une hydratation est nécessaire pour protéger les reins par exemple.
Les objectifs du traitement médical sont multiples :
- Agir sur la tumeur pour réduire sa progression
- Soulager certains symptômes
- Améliorer la qualité de vie.
Ces traitements médicaux peuvent parfois permettre secondairement un traitement chirurgical, ou local par radiothérapie ou intervention radiologique spécialisée (exemple, radiofréquence), et ainsi être suspendue.
Les effets indésirables diffèrent en fonction des traitements. Ils sont expliqués par le médecin oncologue ou gastro-entérologue, et seront recherchés avant chaque nouvelle cure de chimiothérapie. Il est important de les signaler à l’équipe soignante également. Un numéro unique est disponible pour les patients ou les soignants, en cas d’interrogation.
D’autres soins et soutiens complémentaires peuvent être mis en œuvre pour faire face aux conséquences de la maladie et de ses traitements: difficulté à se nourrir, douleur, besoin de soutien psychologique, problèmes sociaux, etc. D’autres acteurs spécifiques (diététicien, psychologue, etc..) sont donc également impliqués dans la prise en charge.
Un bilan (clinique, biologique, ou radiologique) sera à nouveau réalisé deux à trois mois après le début de la chimiothérapie.
Plusieurs traitements moléculaires capables de cibler plus spécifiquement des anomalies tumorales sont en cours de développement dans cette pathologie. Par ailleurs, des stratégies d’immunothérapie semblent apporter un bénéfice clinique dans cette pathologie. Un effort particulier est apporté pour favoriser l’accès à ces protocoles de recherche clinique.

 > CANCER DE L'ESTOMAC : SUIVI                                                          

Un suivi est réalisé, afin de détecter et traiter d’éventuels effets indésirables tardifs des traitements, ou de détecter le plus tôt possible les signes d’une éventuelle récidive ou d’un second cancer.

En cas de traitement chirurgical, le suivi dure au moins 5 ans. Durant les 5 premières années il est le plus souvent assuré par l’équipe spécialisée ayant réalisé les traitements, en lien avec le médecin traitant. Des consultations médicales et des examens complémentaires sont régulièrement réalisés : échographie ou scanner, parfois gastroscopie si la gastrectomie était partielle. Le rythme de ces examens est adapté à la situation des patients.

Certains signes doivent amener à consulter plus rapidement, notamment une reprise de l’amaigrissement, des douleurs abdominales, des difficultés à avaler, des douleurs osseuses, une augmentation du volume de l’abdomen, une fièvre prolongée, la douleur d’un mollet…

L’administration de vitamine B12 tous les 6 mois sera réalisée en cas de gastrectomie totale.
Si  besoin, une aide à l’arrêt du tabac et de l’alcool est proposée, en vue de limiter les risques de complications tardives (second cancer, troubles cardio-vasculaires).

Par ailleurs, les recommandations habituelles de dépistage s’appliquent, comme dans la population générale, aux personnes âgées de 50 à 74 ans (mammographies et recherche de sang dans les selles).

 

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Télécharger le guide INCA "Traitements du cancer de l'estomac"

Source : e-cancer site de l'INCa   - voir plus d'information sur ce site